Courtiers en ligne

Comment un courtier en ligne sans frais se rémunère-t-il ?

Un courtier sans frais peut gagner de l’argent grâce au change, à des abonnements, à des services ou à la rémunération de ses liquidités. « Sans commission » désigne souvent uniquement certains ordres : les frais tiers, les écarts de prix et les conditions du contrat restent à examiner.

Par la rédaction de Bourse en LigneMis à jour le 10 min de lecture

Un mécanicien règle le vélo d’une cliente dans un atelier de quartier.

L’essentiel

  • « Sans commission » porte généralement sur certains ordres, certains titres ou un nombre limité de transactions.
  • Le change, les abonnements, la conservation et les services optionnels peuvent constituer des recettes du courtier.
  • Un écart entre prix d’achat et de vente existe sur le marché, mais ne revient pas nécessairement au courtier.
  • Dans l’Union européenne, la rémunération d’un courtier pour acheminer un ordre vers une plateforme est désormais interdite.
  • Taxes de marché, coûts des ETF et frais de change peuvent réduire votre résultat même si l’ordre ne comporte aucune commission.
  • La grille tarifaire, les conditions d’exécution et les contrats précisent le périmètre réel de la gratuité.

Un courtier en ligne sans frais gagne de l’argent par d’autres services ou opérations que la commission affichée, par exemple le change, un abonnement, la rémunération de liquidités ou des services optionnels. Selon le contrat, il peut aussi facturer des frais de tenue, d’inactivité, de transfert ou des frais liés à certaines places de marché.

La mention « sans commission » ne signifie donc pas que tout investissement est gratuit. Elle peut concerner uniquement les frais facturés par le courtier pour passer un ordre donné. Pour évaluer le coût réel, vérifiez quels titres et quelles opérations sont concernés, puis ajoutez les coûts indirects et les frais de tiers.

Que signifie exactement « sans frais » ?

Dans une offre de courtage, « gratuit » est souvent une formule commerciale dont le périmètre est précisé ailleurs. Le courtier peut supprimer sa commission de négociation pour une catégorie d’actions, un type de compte ou une place boursière, tout en conservant des frais sur d’autres opérations. Il faut donc distinguer la commission de courtage, facturée par l’intermédiaire, des autres dépenses liées à l’investissement.

La gratuité peut aussi être conditionnelle : nombre d’ordres mensuels limité, montant maximum par transaction, ordre exécuté sur une place particulière, ou souscription à une formule payante. Certaines offres ne couvrent pas les ETF, les fractions d’action, les ordres téléphoniques ou les opérations sur titres. Un ordre annulé ou non exécuté peut également être traité différemment d’un ordre exécuté.

Ce que peut recouvrir une offre de courtage affichée comme gratuite
Mention affichéeCe qu’elle peut couvrirCe qu’il faut vérifier
Zéro commissionLa commission du courtier sur certains ordresTitres concernés, places, types d’ordres et limites
Ordres gratuitsUn nombre donné d’ordres ou une formule d’abonnementPériode concernée, seuils et prix après la période initiale
Aucun frais de gardeL’absence de facturation périodique pour conserver les titresFrais d’inactivité, de relevé, de transfert ou de service
Investissement sans fraisUne sélection de produits ou une fonction de l’applicationChange, frais de marché, fiscalité et coûts propres au produit
Seuls la grille tarifaire et les conditions contractuelles en vigueur permettent de confirmer le périmètre exact.

Quelles recettes peuvent remplacer la commission ?

Le change et les services payants

Pour acheter un titre coté dans une devise étrangère, le courtier doit permettre la conversion de vos euros, sauf si vous détenez déjà la devise nécessaire. Il peut appliquer une commission de change, une majoration du taux de conversion, ou les deux selon son tarif. Cette dépense intervient parfois à l’achat et à la revente, ce qui la rend moins visible qu’une commission affichée à chaque ordre.

Certains intermédiaires proposent aussi des abonnements donnant accès à des ordres gratuits, à des données de marché, à des fonctionnalités supplémentaires ou à un service client renforcé. D’autres facturent des prestations ponctuelles. Ces recettes peuvent financer la plateforme, mais une formule n’est avantageuse que si vous utilisez réellement les services compris et si son coût total est inférieur à celui des opérations facturées à l’unité.

Pour comprendre la conversion appliquée à vos titres étrangers, consultez le détail des frais de change chez un courtier.

Les liquidités et le prêt de titres

Les espèces non investies peuvent produire des intérêts. Selon l’organisation du compte et le contrat, la rémunération versée au client peut être nulle, partielle ou indexée sur une formule, tandis que le courtier ou son partenaire bancaire peut percevoir des intérêts. Il ne faut pas présumer que ce revenu est partagé avec vous : recherchez les règles relatives aux espèces, à leur rémunération et à leur conservation.

Un courtier peut également proposer le prêt de titres détenus par ses clients et percevoir une rémunération pour cette opération. La participation, le partage des revenus, les titres concernés et les risques doivent être décrits dans les documents contractuels. Vérifiez si l’option est activée par défaut ou nécessite votre accord, et comment vous pouvez y mettre fin.

Ces recettes ne sont pas équivalentes à une commission prélevée sur chaque ordre. Elles dépendent de votre encours, de votre activité ou de votre choix de services, et peuvent différer fortement d’un établissement à l’autre.

Le courtier est-il rémunéré quand il exécute vos ordres ?

Le paiement pour acheminement d’ordres est interdit dans l’Union européenne

À la date de référence de cette page, le cadre européen interdit aux entreprises d’investissement de recevoir un paiement d’un tiers en échange de l’acheminement des ordres de clients vers une plateforme d’exécution déterminée. Ce modèle, souvent appelé « payment for order flow » ou PFOF, a été utilisé dans certains marchés pour financer des offres sans commission. Il ne faut donc pas l’attribuer par défaut à un courtier opérant dans l’Union européenne.

L’interdiction ne signifie pas que l’exécution d’un ordre ne génère aucun coût économique. Le courtier doit choisir et contrôler ses modalités d’exécution, en tenant compte notamment du prix, des coûts, de la rapidité et de la probabilité d’exécution. Les informations sur les lieux d’exécution et la politique d’exécution permettent de comprendre comment les ordres sont traités.

Le spread du marché n’est pas nécessairement un revenu du courtier

Le spread est l’écart entre le meilleur prix auquel un vendeur propose un titre et le meilleur prix auquel un acheteur souhaite l’acquérir. Il existe sur le marché, même quand votre courtier ne facture pas de commission. Si votre ordre est exécuté au prix disponible, cet écart constitue un coût économique pour vous, mais il revient aux intervenants dont les ordres se rencontrent, pas automatiquement au courtier.

La situation est différente lorsqu’un intermédiaire agit comme contrepartie, par exemple sur certains produits de gré à gré. Il peut alors intégrer sa rémunération dans le spread ou dans les conditions du produit. Les CFD et les autres produits à effet de levier ne fonctionnent pas comme l’achat d’une action détenue en portefeuille : lisez leurs modalités spécifiques et ne transposez pas leur tarification à un compte d’actions.

Quels frais restent possibles sans commission de courtage ?

Le coût total peut réunir des frais facturés par le courtier, des prélèvements dus à des tiers et des coûts qui ne prennent pas la forme d’une ligne de facture. Le tableau ci-dessous indique où chercher et qui peut percevoir chaque montant. Pour une sélection plus complète des postes à contrôler, consultez aussi notre guide sur les frais cachés d’un courtier en ligne.

Les coûts à ajouter à une commission nulle
Poste de coûtQui le facture ou le supporte ?Où le repérer
ChangeLe courtier ou le prestataire de conversionTarif de conversion et taux appliqué à l’ordre
Abonnement ou serviceLe courtierTarif de l’offre, options et conditions de résiliation
Garde, inactivité, transfertLe courtier, si le contrat le prévoitGrille tarifaire, frais de compte et opérations exceptionnelles
Taxes et frais de marchéL’administration ou un intermédiaire de marchéInformations tarifaires et avis d’opération
Spread et glissement de prixCoût économique lié aux conditions d’exécutionPrix disponible, prix exécuté et carnet d’ordres
Frais internes d’un ETF ou d’un fondsPrélevés dans la valeur du produit par sa société de gestionDocument d’informations clés et documents du fonds
Les frais de marché et les coûts intégrés à un produit ne sont pas nécessairement facturés séparément par le courtier.

Certaines taxes s’appliquent indépendamment du niveau de commission. En France, la taxe sur les transactions financières concerne l’achat d’actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse 1 milliard d’euros ; son taux est de 0,4 % depuis le 1er avril 2025. Elle ne correspond pas à une rémunération du courtier. Des droits ou taxes locaux peuvent aussi s’appliquer à des opérations sur certains marchés étrangers.

Pour un ETF, les frais de gestion sont prélevés à l’intérieur du fonds et diminuent sa valeur au fil du temps. Ils ne figurent généralement pas comme une commission de courtage sur votre relevé. L’écart entre la performance de l’indice et celle du fonds peut également refléter d’autres coûts de gestion et de transaction.

Combien peut coûter une offre à commission nulle ?

Prenons un exemple entièrement hypothétique. Vous achetez pour 1 000 euros d’actions américaines, sans commission de courtage, avec une majoration de change de 0,5 % sur chaque conversion. À l’achat, 0,5 % de 1 000 euros représente 5 euros. Si vous revendez ensuite pour une contre-valeur inchangée de 1 000 euros et que la même majoration s’applique, la conversion de vente coûte encore 5 euros, soit 10 euros au total, hors évolution du cours, du taux de change et autres frais.

Autre illustration, une formule facturée 4 euros par mois coûte 48 euros sur douze mois. Si vous passez seulement douze ordres couverts par cette formule, son coût fixe revient à 4 euros par ordre, avant les autres frais. À l’inverse, pour un investisseur qui passe beaucoup d’ordres éligibles, le même abonnement peut réduire la facture comparé à une commission prélevée à chaque transaction.

Le spread et le prix réellement obtenu sont plus difficiles à anticiper : ils varient avec le titre, l’heure et la liquidité disponible. Un ordre au marché peut être exécuté à plusieurs prix si le carnet ne contient pas assez de titres au meilleur niveau. Comprendre la différence entre ordre au marché et ordre à cours limité aide à mieux maîtriser le prix d’exécution, sans garantir qu’un ordre sera exécuté.

Quels documents faut-il lire avant d’ouvrir un compte ?

La publicité résume une offre, tandis que les documents contractuels précisent ce qui sera réellement facturé et dans quelles circonstances. Comparez la grille tarifaire avec les conditions générales, la politique d’exécution et les informations précontractuelles. Si une règle paraît ambiguë, demandez une confirmation écrite avant de transférer de l’argent ou des titres.

Vérifier le coût réel en cinq étapes

  1. Définissez vos opérations probables

    Listez les enveloppes que vous utiliserez, les marchés visés, les types de titres, la devise et le nombre d’ordres envisagé. Un tarif adapté à des achats mensuels d’ETF en euros ne l’est pas nécessairement à des achats fréquents d’actions étrangères.

  2. Identifiez le périmètre des ordres gratuits

    Relevez les titres, les places, les types d’ordres et les plafonds concernés. Vérifiez les conditions d’accès à la gratuité, sa durée, les frais en cas de dépassement et le prix appliqué après une offre promotionnelle.

  3. Recherchez tous les frais du compte

    Cherchez les rubriques change, tenue de compte, garde, inactivité, retrait, transfert, opérations sur titres, données de marché et assistance. Notez aussi les services facultatifs déjà cochés ou activés à l’ouverture.

  4. Lisez les documents d’exécution

    Consultez la politique d’exécution et les informations sur les lieux où les ordres sont transmis. Contrôlez les types d’ordres disponibles et comparez le prix effectivement obtenu au prix attendu, surtout sur un titre peu liquide.

  5. Calculez un scénario annuel réaliste

    Appliquez les tarifs à votre fréquence d’achat et de vente, en incluant les conversions de devises et l’abonnement éventuel. Séparez les frais certains des coûts variables, comme le spread, et gardez une copie de la grille tarifaire en vigueur.

À contrôler dans le contrat

  • La définition exacte d’un ordre éligible à la gratuité.
  • Le tarif de conversion, y compris à la revente et pour les dividendes en devise étrangère.
  • Les frais d’inactivité, de transfert de titres et de clôture du compte.
  • Les conditions de rémunération des espèces et le partage éventuel des revenus de prêt de titres.
  • Les frais de marché ou taxes susceptibles d’être ajoutés à l’opération.
  • Les modalités de résiliation d’un abonnement et les tarifs après une offre temporaire.

Enfin, la gratuité commerciale ne renseigne pas sur la sécurité des actifs ni sur la qualité globale du service. Vérifiez séparément le statut de l’établissement, la protection applicable à vos espèces et à vos titres, ainsi que les modalités de transfert ou de réclamation. La comparaison entre un courtier en ligne et une banque doit porter sur l’ensemble des services dont vous avez réellement besoin.

Une offre gratuite est-elle plus intéressante qu’un tarif affiché ?

Comparer le coût et la lisibilité des deux modèles

Commission nulle ou offre « gratuite »

  • Peut convenir si vos ordres sont éligibles et si vous utilisez peu de services payants.
  • Demande de vérifier le change, les plafonds, les abonnements et les frais annexes.
  • Le coût total peut varier selon la place de marché et le prix d’exécution.

Commission explicite par ordre

  • Rend une partie du coût visible au moment de la transaction.
  • Peut être plus adaptée à une activité limitée si aucun abonnement n’est nécessaire.
  • N’exclut ni les frais de change, ni les taxes, ni les coûts propres aux produits.

Notre lecture : Le bon comparatif est le coût annuel correspondant à vos opérations, pas le montant isolé de la commission. Une offre gratuite peut être compétitive, mais elle n’est ni nécessairement moins chère ni nécessairement moins sûre.

Questions fréquentes

Un courtier sans commission est-il vraiment gratuit ?

Pas nécessairement. L’absence de commission signifie généralement que le courtier ne facture pas de frais de courtage sur certaines opérations, selon des conditions précises. Des frais de change, un abonnement, des frais d’inactivité, des taxes de marché ou les coûts d’un ETF peuvent subsister. Vérifiez la grille tarifaire et les contrats pour connaître les titres concernés, les limites d’ordres et les services payants.

Un courtier peut-il gagner de l’argent grâce au spread ?

Le spread entre prix acheteur et vendeur est d’abord un écart de marché, pas automatiquement un revenu du courtier. Il représente un coût économique pour l’investisseur lorsqu’il achète au prix vendeur ou vend au prix acheteur. En revanche, un intermédiaire qui agit comme contrepartie sur certains produits peut intégrer une rémunération dans le spread. Consultez les modalités d’exécution et les documents du produit concerné.

Les courtiers européens sont-ils rémunérés pour transmettre mes ordres ?

Le cadre européen interdit aux entreprises d’investissement de recevoir un paiement d’un tiers en échange de l’acheminement d’ordres de clients vers une plateforme déterminée. Les périodes transitoires ont pris fin le 30 juin 2026. Cela ne signifie pas que l’exécution n’a aucun coût : prix, spread et conditions de marché comptent toujours. Consultez la politique d’exécution du courtier pour comprendre où et comment vos ordres sont traités.

Un achat d’ETF sans commission ne comporte-t-il aucun frais ?

Non. Même si le courtier ne facture aucune commission pour acheter l’ETF, le fonds supporte des frais de gestion prélevés dans sa valeur. Vous pouvez aussi subir un spread entre le prix d’achat et le prix de vente, ainsi que des coûts de change si le courtier convertit la devise. Ces coûts ne sont pas tous présentés sous la forme d’une ligne de frais de courtage.

Le courtier peut-il conserver les intérêts de mon argent non investi ?

Le traitement des espèces dépend de l’organisation du compte et des conditions contractuelles. Le courtier ou sa banque partenaire peut percevoir une rémunération sur les liquidités, sans nécessairement la reverser intégralement au client. Certains comptes prévoient une rémunération des espèces, d’autres non. Lisez les clauses dédiées aux soldes créditeurs et vérifiez aussi la protection applicable aux fonds détenus.

Comment comparer deux courtiers si l’un annonce zéro commission ?

Établissez un scénario correspondant à vos usages : nombre d’ordres, montant, marchés, devises et services nécessaires. Pour chacun, calculez les commissions, les abonnements, les conversions et les frais de compte sur la même période. Ajoutez les taxes et les coûts propres aux produits, puis comparez séparément les conditions d’exécution et la sécurité des avoirs. Une commission nulle ne permet pas de trancher seule.