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De votre ordre à l’action : les échanges en Bourse expliqués

Acheter une action consiste généralement à transmettre un ordre à un courtier, qui le dirige vers un lieu de négociation où il peut rencontrer un vendeur. Le cours dépend des prix proposés et de ceux auxquels les investisseurs acceptent réellement d’échanger leurs titres.

Par la rédaction de Bourse en LigneMis à jour le 11 min de lecture

Deux personnes se transmettent un panier de légumes dans un marché de producteurs.

L’essentiel

  • Sur le marché secondaire, un investisseur achète généralement une action détenue par un autre investisseur, et non directement à l’entreprise.
  • Le courtier transmet l’ordre, tandis que la place de marché organise la rencontre entre les ordres d’achat et de vente.
  • Le cours résulte des échanges possibles entre prix proposés par les acheteurs et prix demandés par les vendeurs.
  • Un ordre exécuté correspond à une transaction conclue, mais le transfert des titres et des espèces intervient ensuite au règlement-livraison.
  • Le coût d’un achat comprend le prix des actions et peut aussi inclure des frais, des taxes ou des frais de change.

Quand vous achetez une action en Bourse, vous transmettez un ordre par l’intermédiaire d’un courtier. Celui-ci l’envoie vers un lieu de négociation, où il peut être rapproché d’un ordre de vente compatible. L’échange se réalise au prix convenu entre acheteur et vendeur, sous réserve qu’une contrepartie soit disponible.

La plupart des achats de particuliers ont lieu sur le marché secondaire : l’action change alors de détenteur, sans que l’entreprise reçoive le montant de la transaction. Un ordre peut être exécuté immédiatement, en partie, plus tard ou pas du tout. Même après son exécution, le transfert effectif des titres et des espèces intervient au règlement-livraison.

Que signifie acheter une action en Bourse ?

Une action est une part du capital d’une société. En acheter une, c’est acquérir un titre qui représente une fraction de ce capital et peut donner certains droits, notamment celui de participer aux votes en assemblée générale. Les droits exacts dépendent de la catégorie d’action et des règles de l’entreprise.

Pour un particulier, l’achat passe en pratique par un compte de placement et un intermédiaire qui permet de transmettre des ordres. Vous indiquez le titre, le sens de l’opération, la quantité et les conditions de prix ou de validité. Une fois l’achat réalisé, les actions sont inscrites sur votre compte auprès du teneur de compte.

Acheter ne signifie pas prêter directement de l’argent à l’entreprise, ni posséder une partie de ses locaux ou de ses équipements. Vous détenez des titres émis par la société. Leur valeur peut monter ou baisser, et l’entreprise n’est pas tenue de verser un dividende.

Marché primaire ou secondaire : qui reçoit l’argent ?

Sur le marché primaire, l’entreprise émet de nouveaux titres

Le marché primaire correspond à l’émission de nouvelles actions. Cela peut se produire lors d’une introduction en Bourse ou d’une augmentation de capital. Les investisseurs souscrivent alors des titres nouvellement créés, et le produit de l’émission revient à l’entreprise, après les frais liés à l’opération.

Le prix de souscription est établi selon les modalités de l’opération. Il peut notamment tenir compte de la demande des investisseurs, mais il ne correspond pas nécessairement au prix auquel l’action s’échangera ensuite. Une fois admis à la négociation, le titre peut varier selon les ordres et les transactions.

Sur le marché secondaire, les investisseurs échangent leurs titres

Lors d’un achat courant sur une place boursière, le vendeur est le plus souvent un autre investisseur qui possède déjà l’action. L’acheteur lui verse le montant de la transaction, par l’intermédiaire des circuits de marché et de règlement. L’entreprise ne reçoit pas cet argent et son nombre d’actions ne change pas du seul fait de cet échange.

Une entreprise peut toutefois intervenir séparément sur ses propres actions, par exemple dans le cadre d’un rachat autorisé. Ce n’est pas le fonctionnement habituel d’un ordre de particulier. Il faut distinguer cette opération d’un achat effectué sur le marché secondaire entre investisseurs.

Deux marchés, deux destinations pour l’argent

Marché primaire

  • L’entreprise émet de nouvelles actions.
  • L’investisseur souscrit les titres selon les modalités de l’opération.
  • Le produit de l’émission est destiné à l’entreprise.

Marché secondaire

  • Des titres déjà émis sont échangés.
  • L’acheteur et le vendeur sont mis en relation par des intermédiaires et une place de marché.
  • Le montant de la transaction revient au vendeur.

Notre lecture : La grande majorité des achats et ventes courants d’actions cotées ont lieu sur le marché secondaire.

Quel est le rôle de l’entreprise, du courtier et de la Bourse ?

Plusieurs intervenants participent à une transaction, mais ils n’ont pas la même fonction. L’entreprise émet l’action et publie des informations sur son activité. Les investisseurs prennent les décisions d’achat et de vente, tandis que le courtier reçoit et transmet leurs ordres.

Les intervenants d’un achat ou d’une vente d’action
IntervenantRôle dans l’échangeCe qu’il ne fait pas nécessairement
Entreprise cotéeÉmet des actions et communique sur la société.Elle ne reçoit pas le prix de chaque transaction entre investisseurs.
Investisseur acheteurPropose un prix et une quantité pour acquérir des titres.Il ne choisit pas à lui seul le cours final de l’échange.
Investisseur vendeurPropose une quantité et un prix auxquels il accepte de céder ses titres.Il n’est pas toujours identifiable par son nom dans l’interface de négociation.
CourtierReçoit l’ordre, vérifie certaines conditions et le transmet pour exécution.Il ne garantit pas que l’ordre trouvera une contrepartie.
Place de marchéApplique des règles de négociation et rapproche les ordres compatibles.Elle ne fixe pas un prix unique à la place des acheteurs et vendeurs.
Selon le dispositif de négociation et les règles applicables, un ordre peut être dirigé vers une place de marché ou un autre système d’exécution.

La Bourse désigne couramment le marché où s’échangent les titres. Une place de marché organise la négociation selon des règles précises, mais tous les échanges ne passent pas nécessairement par une seule place. Le courtier ne se confond donc ni avec l’entreprise, ni avec la Bourse : il sert d’intermédiaire entre vous et les systèmes d’exécution.

Pour les actions négociées en continu sur Euronext Paris, les échanges ont lieu de 9 h à 17 h 30, avec des phases d’enchères à l’ouverture et à la clôture. Les horaires varient selon la place et le titre. Les ordres saisis en dehors des heures de négociation peuvent être mis en attente ou traités selon leurs conditions de validité.

Comment l’offre et la demande déterminent-elles le cours ?

Les ordres d’achat et de vente se rencontrent

Les acheteurs indiquent le prix maximal qu’ils acceptent de payer, et les vendeurs le prix minimal auquel ils souhaitent céder leurs titres. La négociation devient possible lorsque ces prix sont compatibles. Le cours affiché comme dernier cours est celui d’une transaction passée, pas une promesse que votre prochain ordre sera exécuté au même prix.

Le carnet d’ordres rassemble les meilleures propositions d’achat et de vente disponibles, avec les quantités associées. L’écart entre le meilleur prix vendeur et le meilleur prix acheteur est appelé fourchette de prix, ou spread. Un carnet fourni facilite souvent les échanges, mais il ne supprime ni les variations de prix ni le risque d’exécution partielle.

Le cours évolue quand les ordres se rencontrent à des prix différents. Une information nouvelle, une révision des anticipations ou un besoin de vendre peut inciter certains investisseurs à proposer un prix plus bas ou à acheter plus cher. L’équilibre se déplace alors, mais il n’existe pas de prix fondamental imposé en permanence par la place de marché.

L’ordre choisi détermine les conditions de prix

Un ordre au marché privilégie l’exécution, sans garantir un prix unique. Il peut être exécuté à plusieurs niveaux du carnet si la quantité disponible au meilleur prix ne suffit pas. Un ordre à cours limité fixe au contraire un prix maximal pour un achat ou un prix minimal pour une vente, mais il peut rester en attente si aucun ordre compatible ne se présente.

Avec un ordre limité à 20,03 euros pour acheter 15 actions, seules les actions offertes à 20 euros sont compatibles dans cet exemple. Vous pourriez en obtenir 10, tandis que les 5 restantes attendraient une offre à votre prix maximal ou à un prix inférieur. Les ordres et options disponibles sont expliqués dans notre guide sur le choix entre ordre au marché et ordre à cours limité.

Le carnet permet de visualiser les prix et quantités proposés, sans garantir que les ordres resteront présents jusqu’à votre exécution. Pour savoir comment lire ces niveaux et interpréter l’écart acheteur-vendeur, consultez notre page sur le fonctionnement du carnet d’ordres.

Que se passe-t-il entre la transmission et l’exécution ?

La transmission ne signifie pas que la transaction a eu lieu. Votre ordre doit être reçu, contrôlé, dirigé vers un système d’exécution et confronté à des ordres compatibles. Il peut être accepté sans être exécuté, exécuté en partie, exécuté en totalité, annulé, arrivé à expiration ou rejeté.

Le parcours habituel d’un ordre d’achat

  1. Vous saisissez l’ordre

    Vous choisissez l’action, le sens achat, la quantité, le type d’ordre et sa durée de validité. L’interface présente généralement une estimation du montant et des frais.

  2. Le courtier effectue des contrôles

    Il vérifie notamment que le compte permet l’opération et que l’ordre respecte les paramètres demandés. Un ordre peut être refusé si le solde disponible est insuffisant ou si une condition de négociation n’est pas respectée.

  3. L’ordre est transmis

    Le courtier l’envoie vers un lieu de négociation ou un système d’exécution. Il devient alors visible parmi les ordres en attente si les conditions le permettent.

  4. Une contrepartie est trouvée

    Un ordre de vente compatible permet l’exécution. Si la quantité disponible ne couvre qu’une partie de votre demande, l’ordre peut n’être exécuté qu’en partie.

  5. Le courtier confirme le résultat

    Vous retrouvez le statut, la quantité exécutée et le ou les prix d’exécution. Le montant définitif tient aussi compte des frais et, selon le cas, des taxes applicables.

Une quantité exécutée inférieure à la quantité demandée ne signifie pas nécessairement qu’il y a eu une erreur. Le reste de l’ordre peut continuer à attendre, si sa durée de validité et le type choisi le permettent. Pour une première opération, vérifiez le statut après transmission et ne saisissez pas une seconde fois le même ordre sans contrôler la première demande.

Un ordre peut aussi être rejeté pour des raisons liées au compte, à l’instrument, à son prix ou aux horaires de négociation. Les messages de rejet et les contrôles à effectuer sont détaillés dans notre page sur les causes fréquentes d’un ordre de Bourse rejeté.

Quelle différence entre exécution et règlement-livraison ?

L’exécution est le moment où l’ordre d’achat rencontre un ordre de vente et où la transaction est conclue au prix correspondant. Le règlement-livraison est l’étape ultérieure où l’argent est versé au vendeur et où les titres sont livrés à l’acheteur dans les comptes concernés. Les deux étapes sont liées, mais elles ne se produisent pas au même moment.

Pour les transactions concernées en Europe, le délai de règlement-livraison est généralement de deux jours ouvrés après la négociation, soit J+2. Le jour de l’exécution est J. Les opérations et jours fériés peuvent modifier la date effective, et l’affichage de votre courtier peut montrer la position avant le dénouement complet.

Une fois l’ordre exécuté, vous ne pouvez pas considérer qu’il est encore en attente simplement parce que le règlement n’est pas terminé. En cas de besoin, vérifiez le détail de l’opération et la date de règlement dans le relevé du compte. Le délai d’apparition des actions achetées sur le compte explique plus précisément ce décalage.

Que veut dire détenir ou vendre une action ?

Détenir une action, c’est détenir un titre et des droits associés

Après l’achat et l’inscription des titres sur votre compte, vous détenez une position correspondant au nombre d’actions achetées. Selon la catégorie de titres, vous pouvez notamment disposer de droits de vote. Si l’entreprise décide de distribuer un dividende et que vous remplissez les conditions à la date prévue, vous pouvez recevoir une part de cette distribution.

La valeur de votre position varie avec le cours, mais une baisse affichée ne signifie pas que vous avez vendu. La moins-value devient réalisée lorsque vous cédez les titres à un prix inférieur à leur prix de revient, en tenant compte des frais selon les règles de calcul applicables. Les gains et leur fiscalité dépendent aussi de l’enveloppe de détention.

Vendre, c’est céder vos titres à un acheteur

Un ordre de vente propose vos actions à des acheteurs, selon le type d’ordre et le prix choisi. Lorsqu’il est exécuté, les titres sont transférés selon le processus de règlement-livraison et le produit de la vente est porté au compte, sous déduction des frais ou taxes éventuels. Vous n’êtes plus exposé à l’évolution de ces titres à partir de la vente réalisée, mais les conséquences fiscales dépendent du compte utilisé.

Vendre n’efface pas les raisons pour lesquelles vous aviez acheté, mais peut transformer une variation de valeur en gain ou en perte réalisée. La vente d’une action sur le marché secondaire ne signifie pas que l’entreprise rembourse votre achat : c’est l’acheteur qui vous paie. Vous ne récupérez pas nécessairement le montant investi, car le cours et les coûts ont pu évoluer.

Quel budget prévoir et quelles erreurs éviter ?

Le montant d’un ordre dépend du nombre d’actions multiplié par leur prix d’exécution. À cela peuvent s’ajouter les frais de courtage, des frais de marché, des frais de change pour un titre coté dans une autre devise ou certaines taxes. Pour les achats d’actions de sociétés françaises dépassant le seuil légal de capitalisation, la taxe sur les transactions financières peut s’appliquer ; son taux est de 0,4 % depuis le 1er avril 2025, sous réserve de la règle en vigueur au moment de l’opération.

Avant d’envoyer l’ordre, vérifiez le montant total estimé, le solde qui sera mobilisé et les frais présentés par l’intermédiaire. Un achat de 5 actions à 20 euros représente 100 euros avant frais et taxes éventuelles. Si le prix d’exécution est différent du cours consulté, ou si l’ordre est exécuté en plusieurs fois, le coût final peut varier.

À vérifier avant de transmettre un premier ordre

  • Le nom et le code de l’action correspondent au titre que vous souhaitez négocier.
  • Le sens de l’opération est bien achat ou vente, selon votre intention.
  • La quantité et le type d’ordre sont cohérents avec le montant que vous acceptez d’engager.
  • Le prix maximal d’achat ou le prix minimal de vente est clair si vous choisissez un ordre limité.
  • Vous avez vérifié les frais, la devise, les horaires et la durée de validité de l’ordre.
  • La somme investie n’est pas nécessaire à une dépense proche et s’inscrit dans votre budget.

Une erreur fréquente consiste à confondre le montant affiché au dernier cours et le montant réellement exécutable. Une autre est de transmettre plusieurs ordres parce que le premier ne semble pas avoir été pris en compte. Contrôlez d’abord son statut, puis annulez ou modifiez l’ordre initial si nécessaire, en gardant à l’esprit qu’une annulation ne peut empêcher une exécution déjà réalisée.

Le budget de départ n’a pas à être choisi en fonction d’un chiffre universel. Il dépend du montant que vous pouvez consacrer à un placement risqué et de la possibilité d’acheter un nombre entier d’actions, sauf si votre intermédiaire propose des fractions avec leurs propres limites. Notre guide sur la possibilité de commencer à investir en Bourse avec 100 euros présente les points à vérifier.

Questions fréquentes

Qui vend les actions quand on en achète ?

Sur le marché secondaire, c’est généralement un investisseur qui détient déjà les actions et accepte de les vendre. Il peut s’agir d’un particulier ou d’un intervenant professionnel. Le courtier transmet les ordres, et la place de marché ou le système d’exécution les rapproche selon ses règles. L’entreprise qui a émis les actions ne reçoit pas le montant de cette transaction courante.

Comment le prix d’une action est-il fixé en Bourse ?

Le prix se forme lorsque des ordres d’achat et de vente sont compatibles. Un acheteur indique le prix maximal qu’il accepte de payer, et un vendeur le prix minimal auquel il accepte de céder ses titres. Le cours affiché comme dernier cours correspond à une transaction déjà réalisée. Il peut différer du prix auquel votre ordre sera exécuté, notamment si le carnet a changé.

Peut-on acheter une action sans qu’un vendeur soit disponible ?

Oui, un ordre peut être transmis et rester en attente s’il ne trouve pas de vendeur à un prix compatible. C’est fréquent avec un ordre à cours limité lorsque le prix demandé par les vendeurs dépasse votre limite. Selon sa durée de validité, l’ordre peut rester actif, expirer ou être annulé. Il peut aussi n’être exécuté que pour une partie de la quantité demandée.

Est-ce que l’entreprise reçoit l’argent quand j’achète une action ?

Pas lors d’un achat habituel sur le marché secondaire. Dans ce cas, votre paiement revient à l’investisseur vendeur, après le traitement de la transaction et les frais éventuels. L’entreprise reçoit des fonds lorsqu’elle émet des actions sur le marché primaire, par exemple lors d’une introduction en Bourse ou d’une augmentation de capital.

Puis-je vendre une action juste après l’avoir achetée ?

Vous pouvez généralement transmettre un ordre de vente après l’exécution de l’achat, sous réserve des règles du compte, du produit et de l’intermédiaire. L’exécution et le règlement-livraison sont deux étapes distinctes : le délai de règlement ne signifie pas que l’achat n’a pas eu lieu. Les possibilités pratiques et la disponibilité des espèces peuvent dépendre du compte et des conditions de négociation.

Pourquoi mon ordre est-il exécuté à un prix différent du cours affiché ?

Le cours affiché est souvent le dernier prix auquel une transaction a été conclue, tandis que les ordres disponibles peuvent avoir changé depuis. Un ordre au marché s’exécute contre les offres disponibles, éventuellement à plusieurs prix si la quantité recherchée est importante par rapport au carnet. Un ordre à cours limité fixe une limite de prix, mais ne garantit pas l’exécution.